Stop au harcèlement !

Publié le 27 Mai 2015

Mon histoire …

Ce soir là j'étais seule chez moi, mes parents étaient partis chez des amis. Ils m'avaient laissé l'ordinateur pour ne pas que je m'ennuie. J'ai passé ma soirée sur Facebook et Youtube. Vers vingt deux heures un garçon que je ne connaissais pas m'a demandé « en ami », tout naturellement je l'ai accepté. J'étais jeune et naïve. Ce garçon semblait sympathique, jusqu'au moment où il commença à me demander de faire des « choses » très étranges, que bien sûr, j'ai refusé de faire. Et c'est là que la situation est devenue horrible. Il avait fait des montages de moi... Je n'ai pas besoin de vous expliquer quel genre de montages, je pense que vous avez compris. Il me menaçait de diffuser ces montages et de raconter des choses atroces, qui étaient absolument fausses à mes amis Facebook. Envahie par la peur je l'ai bloqué et signalé à Facebook, j'ai bien fait car je n'ai plus entendu parler de lui.

Deux ans sans nouvelles de cette personne qui me traumatisait, et qui me traumatise encore, je pensais que c'était fini. Mais en octobre 2013, c'était un vendredi, alors que je n'étais pas allée au collège ce matin là, je me préparais pour y aller l'après midi. Lorsque j'ai reçu un message sur Facebook. Il me redemandait de faire les mêmes choses qu'il me demandait de faire deux ans auparavant. A partir de ce moment, ce fut une longue descente en enfer. Cette fois j’essayais de comprendre pourquoi il s'en prenait à moi comme ça. Mais là il me remontra les montages. A cet instant j'explosais intérieurement mais j'essayais de ne rien montrer pour ne pas inquiéter mes parents. A table, ma mère me proposa d'aller voir un film que je mourais d'envie d'aller voir mais avec cette histoire je n'avais plus envie de rien. Ma mère inquiète me demanda ce qu’il se passait, je lui répondis que j'allais bien, qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète. C'est à ce moment que mon téléphone sonna. Ma mère me demanda de lui donner car elle voulait vérifier que je ne mentais pas en disant que j'allais bien. Je lui ai donné mais ma main, ma main tremblait tellement j'avais peur. Elle fouillait mes messages, elle ne trouva rien. Puis elle s’intéressa à mon Facebook, et là son expression a changé Mes larmes se mirent à couler toutes seules, je ne contrôlais plus rien. Mes parents me posaient toutes sortes de questions, je voulais y répondre mais aucun mot ne pouvait sortir. Ils ont donc décidé de ne pas aller travailler, je n'irais pas au collège et que l'on irait au commissariat pour porter plainte. Mais comme cette personne utilisait des faux noms, nous ne connaissions pas sa vraie identité, nous avons donc été obligés de porter plainte contre X, ce qui n'a rien arrangé à cette histoire. De 12h40 à 17h10 nous sommes restés au commissariat à attendre, encore et toujours attendre.

Cette histoire m'a fait complètement changer, que ce soit ma façon de penser ou ma façon de m’habiller. J'étais devenue en quelques temps une «Emo/Gothique». Je me disais que si j'étais différente on ne chercherait pas à me connaître ou à savoir pourquoi je suis devenue comme ça. Mais ce qui s'est passé n'a fait qu'empirer mon mal être. Les gens ont commencé à m'insulter, à se moquer et à m’humilier. Et là je suis tombée dans une profonde dépression, je me disais que personne ne m'aimait que le monde serait mieux sans moi et d'autres choses... Je me suis mise à me mutiler... D'abord avec un compas, puis avec des ciseaux, une lame de taille crayon, pour ensuite en arriver à la lame de rasoir … C'est fin, facile à cacher, et surtout très coupant, c'était ce que je cherchais. J'ai d'abord commencé par faire des petites griffures sans intérêt, en appuyant de plus en plus fort les entailles, elles, étaient de plus en plus profondes... Voir ce sang couler me faisait me sentir bien, comme si toutes ces critiques qui étaient gravées au fond de moi partaient, juste le temps d'un instant. La douleur?! Je ne la sentais plus, j'en étais devenue insensible. Jusqu'au jour où ma mère a trouvé cette lame cachée entre deux bouts de coton, dans mon armoire. C'est à ce moment qu'elle décida de m'emmener à l’hôpital, où je suis restée une semaine. Je ne sortais plus de ma chambre, je ne mangeais presque rien... Heureusement, avant de partir pour l'hôpital, j'avais réussi à cacher une lame dans ma chaussette. En rentrant chez moi je croyais que c'était fini, que ce n'était qu'un rêve mais en retournant au collège après deux semaines d'absences, je suis vite revenue à la réalité et j'ai recommencé à me mutiler. Je me suis, encore, retrouvée à l'hôpital un an après.

C'est à la sortie de l'hôpital que Kihou*, ma meilleure amie, m'a fait réagir, elle m'a dit :

« Si tu recommences c'est pas toi qui vas te suicider mais moi qui vais te tuer.»

Elle l'a dit sur le ton de l'humour mais je savais qu'au fond elle, elle le pensait vraiment, même si « tuer » avait ici un tout autre sens.

Puis ça a était au tour de Benoit* de me faire la morale. Il venait de me trouver dans les sanitaires du camping, les bras en sang, une lame à la main et une pochette avec des médicaments que j'avais volés à ma mère. Il m'a aidé à me relever, à me rincer et à désinfecter les plaies puis on est parti faire un tour. J'ai oublié de préciser Benoit est un ami que je connais depuis que je suis toute petite. Bref pendant qu'on marchait il m'a demandé pourquoi j'avais fait ça, et d'autres questions habituelles. Ensuite nous nous sommes assis sur des rochers à coté d'un canal, il avait ma pochette avec les médicaments, il l'a ouverte, a vidé les plaquettes dans ses mains. A ce moment là je le haïssais comme jamais, je pleurais, je le frappais mais avec ma force de mouche il ne sentait rien. Il s'est approché du canal, a tendu sa main au-dessus du canal, l'a tournée et, l'a ouverte. Tous ces médicaments, toutes ces couleurs, tout ce que j'aimais, je ne l'avais plus... Il avait même pris mes lames les a cassées et les a jetées aussi. Je voulais le tuer pour ce qu'il venait de faire. Quelques temps après j'avais réussi à tout arrêter.

En septembre je me suis retrouvée dans la même classe que l'année dernière, oui avec tout ça j'avais oublié de travailler donc j'ai redoublé. Je disais, dans cette classe je ne connaissais personne, enfin si deux filles sympathiques que j'avais rencontrées lors d'un voyage scolaire, et deux personnes qui avaient redoublé elles aussi. Cette classe a tout fait pour me mettre à l'aise dés le début, ce qui a plutôt bien fonctionné. Ce sont des gens « cool » mais assez bizarres sur les bords. Ils m'ont redonné la joie de vivre même sans le savoir.

« Merci de m'aider et de rester vous-mêmes vous êtes géniaux ! »

Je m'appelle Violette* et ceci est mon histoire...

* Tous noms cités dans ce texte ont volontairement étaient changés car je souhaite rester anonyme.

 

Rédigé par saintmichel-roubaix.over-blog.com

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Commenter cet article

D Dillies 28/05/2015 15:15

bonjour Violette
l'inquiétude de tes parents, la colère de tes amis, Kihou et Benoît, l'attention de tes nouveaux camarades de classe sont des signes d'amour et d'amitié qui te montrent bien que tu mérites de profiter des belles choses que tu trouveras sur ton chemin que je te souhaite beau et long même si il ne sera pas toujours facile

Wojciechowski 27/05/2015 10:16

Que c'est courageux de témoigner ! ça demande une vraie force de caractère et cela prouve que tu as été la plus forte !